Sandra Lillo 3

Trois poèmes sans titre


Se lever dans l'obscurité vierge

Premier pas

au bout de la nuit

Allumer les lumières sur la peau
du silence

Entrer dans la zone


Les gyrophares bleus écartent les rues

Saisir le jour brisé derrière les plis
bleus foncés

le chant des oiseaux qui sifflotent sur les branches
de l'autre côté de la fenêtre

de l'autre côté du monde

*

Tu cherches dans quel endroit
te réfugier

pour ne pas entendre qu'il est tard
que l'heure a tourné

Tu vacilles rattrapée par tes adieux

Rien ne t'absout

Il faut du désir comme des lanternes de papier
au bout des branches

pour revenir à la terre mutilée

*

Les rues sont constellées de l'ivoire des soirs
de printemps

Le silence se soulève comme un foulard sous
le souffle passant du vent

Des voix de loin en loin s'efforcent de donner
le change

de croire qu'un jour la jonction se fera entre ici
et le lieu éclaté d'étoiles et de vœux filants

Une présence met en évidence l'aveu des gens
qui dorment à même la peau en bord de nuit

Il y a dans le bleu du ciel couché comme un amant
au-dessus des fenêtres tout l'espace pour une quête
extraite de la porosité du visible











Née à Nantes il y a 43 ans, Sandra Lillo est autodidacte en matière de poésie. Son premier recueil Un peu de vent, de l'encre a été publié chez MB éditions. Certains de ses poèmes ont été publiés dans les revues La cité des dames, Le capital des mots, La cause littéraire, Recours au poème et d’autres paraîtront bientôt dans les revues Poésie/première et Nouveaux Délits.

3 commentaires:

  1. "Pour une quête extraite de la porosité du visible"... "de l'autre côté de la fenêtre / de l'autre côté du monde"... Tout est beau. Vous mariez les mots de telle sorte que la face secrète du réel nous devient participable. Plusieurs passages que je n'oublierai pas !

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    2. Merci pour ce beau commentaire...

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